Pour les végétaux, les premières semaines de vie sont également d’une importance cruciale pour leur vigueur, leur résistance et leur productivité futures. Il serait utopique de croire qu'on peut obtenir des résultats optimaux avec des plants partis dans un médium inerte, nourris aux engrais de synthèse et traités aux fongicides.
Afin de maximiser la qualité et le rendement des fruits et des légumes, il importe de transplanter au jardin de jeunes plants qui auront été cultivés écologiquent . Comme de tels plants sont rares sur le marché, le jardinier devrait les produire lui-même. En plus de lui assurer une meilleure qualité de plants, cela lui permet de choisir ses variétés. Pour produire ses semis, il importe avant toute chose de créer un cnvironnement approprié.
L’environnement de la chambre à semis
Pour bien réussir ses semis intérieurs, des conditions propices doivent prévaloir dans la chambre à semis. Elle doit tout d'abord être bien éclairée :14 heures de lumière par jour sont nécessaires à la croissance des végétaux. Une pièce avec de grandes fenêtres orientées vers l’est ou vers le sud convient bien. Comme la photopériode en mars et en avril est encore trop courte pour subvenir aux besoins en lumière des jeunes plants, il faut prévenir un éclairage d'appoint : des fluorescents Coolwhite ou Daylight font bien l'affaire. Une combinaison de 3 tubes Coolwhite, ou Daylighit, de type bleu, pour 1 tube Vitalite ou Agrolite, de type rouge est idéale. Les fluorescents doivent être espacés de 1,5 cm et placés à 15 cm de la tête des plants. Un système de fixation mobile doit être organisé de façon à pouvoir les hausser au fur et à mesure que les plants croissent.
On doit pouvoir contrôler aisément la température de la chambre à semis. La température optimale pour la germination est de 25 °C, alors que pour la croissance, elle est de 20 à 22 °C le jour et de 15 °C la nuit ( Tableau # ). La pièce ne devrait pas être trop sèche. L'humidité relative idéale se situe entre 80 et 90 % , condition difficile à atteindre dans une maison . Un humidificateur, placé dans la chambre à semis, permet de créer des conditions très acceptables . Sa présence n'est toutefois pas essentielle ; on peut vaporiser les jeunes plants de temps à autre avec de l'eau.
Une petite serre constitue l'endroit par excellence pour partir des plants . Elle commande cependant des investissement importants pour sa construction et son chauffage. Une pièce de la maison peut facilement se transformer en chambre à semis sans nécessiter de tels déboursés. Elle a de plus l'avantage d'être déjà chauffée ; i1 s'agit seulement d'y organiser l'éclairage d'appoint.
Les médiums de croissance
Les semis sont normalement cultivés dans des caissettes , afin d'éviter le gaspillage. Elles devraient être réutilisées d'années en années. Les caissettes de plastique ont l'avantage de pouvoir être désinfectées (utilisez à cet effet une solution constituée d'un volume d'eau de Javel et de 10 d'eau). Si un problème de fonte des semis est survenu l'année précédente, cette intervention est nécessaire pour prévenir la réapparition du champignon responsable de ce désordre physiologique.
Les médiums de croissance utilisés pour produire les plants revêtent une importance capitale pour la réussite de l'entreprise. Le jardinier a besoin de 2 types de terreau pour mener ses plants à terme.
LE TERREAU DE GERMINATION LE TERREAU DE CROISSANCE
30 % de compost mûr 50 % de compost mûr
60 % de vermiculite 40 % de vermiculite
10 % de sable horticole 10 % de sable horticole
De tels terreaux permettent normalement de rendre les jeunes plants à maturité sans fertilisation. Ils réduisent les chances de voir se développer des maladies. Ils conservent bien l'humidité tout en se drainant rapidement de leurs excédents d'eau. On ne doit pas les stériliser.
La vermiculite c'est un matériau stérile qui aère le terreau tout en améliorant sa capacité de rétention d'eau. Le compost mûr doit être un compost de 2 ans très bien décomposé. S'il reste des morceaux grossiers, il peut être sassé dans un treillis fin. Certains composts commerciaux conviennent bien à la fabrication de terreaux. Le mélange des ingrédients se fait au volume. Une fois les ingrédients bien mêlés, le terreau est légèrement humidifié puis dépose dans les caissettes ou multi-cellules sans être compacté. On est alors prêt à procéder au semis. On utilise : le terreau de germination pour les semis et le terreau de croissance pour le repiquage.
Le calendrier des semis
Pour bien réussir ses plants, il importe de les semer au bon moment. De jeunes plants qui stagnent trop longtemps en caissettes avant d'être transplantés perdent une grande partie de leur vigueur et de leur précocité. En respectant le calendrier suivant, les jeunes plants seront prêts à être transplantés au moment opportun.
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Date |
Espèces à semer
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1er Mars
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céleri-rave |
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15 Mars
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laitue (1er semis), céleri, aubergine, poivron |
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1er Avril |
tomate, chicorée, persil, sariette, thym, romarin, tagète
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15 Avril |
brocolie et chou-fleur (1er semis), laitue (2e semis)
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1er Mai |
chou d`hiver, chou de Bruxelles, brocolie, chou-fleur (2e semis), melon, tournesol |
Toutes les espèces sont semées dans un terreau de germination. Pour les oignons et les poireaux, le semis se fait à la volée à raison d'une centaine de semences par caissette ; pour les autres espèces, il se fait normalement en rangs ou quelques graines par multi-cellules. Les semences seront recouvertes de 3 fois leur épaisseur de terreau. On arrosera les caissettes uniformément avec une eau tiède et on les placera dans un endroit chaud de la maison. On ne doit pas les recouvrir avec du polythène. Le melon doit être semé dans un pot de plastique de 8 cm car il ne tolère aucun dérangement des racines lors de la transplantation. Il ne faut pas oublier de bien identifier ses variétés. Des bâtonnets à café en bois marqués à l'encre indélébile conviennent bien à cet usage.
Par la suite, le terreau sera maintenu humide, mais sans excès. L'arrosage se fait de préférence avec un arrosoir à bec inversé qui crée un jet d'eau très fin, moins susceptible de déplacer les semences et d'écraser les jeunes plants. Quelques jours plus tard, les cotylédons devraient faire leur apparition. Il faudra dès leur émergence du sol octroyer aux plants 14 heures de bonne lumière par jour, sinon ils s'étioleront, ce qui les affaiblirait considérablement.
Le repicage
Une fois les 2 premières vraies feuilles bien formées, on procédera au repiquage des jeunes plants (les premières vraies feuilles sont celles qui apparaissent après les cotylédons). Le repiquage est une technique qui consiste à replanter les plantules dans un terreau de croissance en leur octroyant l'espace nécessaire pour compléter leur développement. Voici quelques renseignements concernant le repiquage des principales espèces propagées par semis intérieur.
Oignon et poireau : On ne pratique pas de repiquage pour ces espèces. On sème une centaine de graines par caissette dans un terreau de germination. On fertilisera aux émulsions de poisson si cela s'avère nécessaire. Quand les plants atteignent de 12 à l5 cm, on les rabat à 10 cm à l'aide d'un ciseau. Cette intervention sera pratiquée à 2 ou 3 reprises durant leur croissance en caissette afin de renforcer les plants.
Poivron et aubergine :On repique ces espèces légèrement au-dessus des cotylédons qu'on aura pris soin de pincer quelques jours auparavant. Densité :12 plants par caissette. Un deuxième repiquage en pots peut être effectué 3 semaines avant la transplantation.
Tomate : On repique la tomate légèrement au-dessus des cotylédons qu'on aura pris soin de pincer quelques jours auparavant. Densité : 9 plants par caissette. On peut repiquer une deuxième fois en pot 2 semaines avant la transplantation . Un plant de tomate de qualité est aussi large que haut.
Laitue et chicorée : On repique la laitue et la chicorée légèrement au-dessous des cotylédons. Densité : de 25 à 30 plants par caissette. Temps total en caissette : de 6 à 7 semaines. Le repiquage se fait à 3 semaines.
Choux : On repique les choux à la hauteur des cotylédons. Densité : de 25 à 30 plants par caissette. Temps total en caissette : 4 à 5 semaines.
Melon : On sème le melon directement dans un terreau de germination dans un pot de 8 cm à raiscin de 2 à 3 semences par pot, On coupe les 2 moins beaux des 3 plants à l'apparition des premières vraies feuilles. On ne le repique pas. Il faut le transplanter au jardin sans déranger ses racines, car les cucurbitacées tolèrent très mal le repiquage.
Le repiquage stimule 1a croissance des jeunes plants en favorisant la formation de nouvelles racines le long de la tige enterrée. I1 atténue ainsi les effets de l'étiolement. Au cours de cette opération, les jeunes plants sont manipulés délicatement par la feuille ou la tigelle. Seulement les plus beaux plants sont repiqués. On compte généralement une perte de l'ordre de 15 % lors de cette sélection. Le terreau ne doit en aucun ca s’ être compacté. Une fois le repiquage terminé, les caissettes seront arrosées et replacées à la lumière.
La fonte des semis
Durant la croissance des plants, l'irrigation est particulièrement importante à surveiller. Un excès d'humidité ouvre la voie au développement de la fonte des semis, fatale pour les jeunes plants. Ce désordre physiologique est causé par un champignon qui prolifère à la surface du terreau. I1 provoque l'étranglement des jeunes plants qui deviennent alors minces comme un fil au niveau du collet. Un mauvais terreau (fait avec du compost trop jeune ou avec de la terre de jardin, par exemple), des températures trop fraîches ou un excès d'humidité constituent les principales causes de la fonte des semis.
Les plants ne seront irrigués que les matins de journées ensoleillées. On n'arrose jamais par temps nuageux. Le terreau doit être sec en surface avant de procéder à un nouvel arrosage. Pour prévenir ou contrôler la fonte des semis, on peut arroser les plants avec l'une ou l'autre des préparations suivantes.
La décotion de prêle : Faire bouillir 100 g de prêle séchée dans 5 litres d'eau pendant 10 minutes. Laisser infuser pendant 12 heures. Pour contrôler la fonte des semis, on arrose avec la décoction pure. Pour prévenir l'apparition du champignon, on utilise la décoction diluée dans une partie égale d'eau. La prêle doit idéalement être récoltée vers le 25 juin. On prendra soin à chaque année d'en faire une ample provision pour la période des semis. La prêle se sèche très bien en bouquet, attachée par une corde, tête en bas.
L’infusion de camomille : Faire infuser pendant une demi-heure 7 g de camomille par litre d'eau. Pour prévenir ou guérir la fonte des semis, on arrose avec l'infusion pure. Si le compost utilisé pour fabriquer le terreau est de bonne qualité, il devrait contenir tous les éléments nutritifs dont les jeunes plants ont besoin pour se rendre à terme. Si des carences en azote (feuillage pâle) ou en phosphore (feuillage violacé) se
manifestent, on arrose les plants avec une solution d'émulsions de poisson à raison de 10 ml par litre d'eau. Pour corriger une carence en phosphore, il faut s'assurer que les émulsions contiennent suffisamment de cet élément.
L'endurcissement
Avant la transplantation des plants à l'extérieur, il importe de les endurcir. L'endurcissement consiste à exposer graduellement les jeunes plants aux éléments extérieurs, soit le vent, le soleil et le froid. Les premiers jours (choisir de préférence des journées nuageuses), les jeunes plants ne seront sortis que quelques heures . Puis, leur temps d'exposition sera accru jusqu'à ce qu'ils soient entièrement adaptés à leur nouvel environnement. La production de plants comporte pour le jardinier de nombreux avantages. En plus de lui permettre de choisir ses propres variétés et de travailler avec des plants de qualité biologique, elle lui offre le printemps dès le mois de mars. L'hiver lui paraît ainsi beaucoup moins long !
Les semis directs et les transplantations à l’extérieur
Ce calendrier a été conçu pour la zone 5 Pour la région de Montréal et ses environs. Pour l’estrie, Lanaudière, la Mauricie, le centre du Québec et Charlevoix , on les retardera de 2 semaines. Dans les Laurentides, au lac Saint-Jean, en Abitibi, en Gaspésie et sur la Côte nord, on les retardera de 4 semaines.
Mi-avril
Semis direct : ail, oignonet
Fin avril
Semis direct : radis (1er semis), épinard, pois, laitue (1er semis), chicorée
Transplantation : laitue (1er semis), oignon, poireau
Début mai
Semis direct : carotte (1er semis), panais, betterave (1er semis), bette à carde, chou-rave (1er semis), chou, brocoli, pomme de terre, tournesol
Transplantation : brocoli (1er semis), chou-fleur (1er semis), tournesol, chicorée, persil
Mi-mai