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La culture des fougère rustiques au Québec

Êtes-vous tentés de mieux de comprendre le regain de popularité des fougères ? Il existe au moins une fougère qui va combler vos besoins et qui est appropriée a votre jardin.

La finesse de leur feuillage et les détails de leurs frondes sont souligné par les plantes à feuillage luxuriant et à grande surface, tels les hostas et les rhododendrons sont des partenaires magnifiques à utiliser en association avec celles-ci. Si l'on respecte les règles élémentaires de base, la culture des fougères s'avère aussi simple et satisfaisante que celle de tout autre type de plante.
Le choix du site de culture, du type de sol et à son amendement et au paillis. sont les règles de bases à observer pour un entretien facile. Renseignez-bien sur les différents types de fougères afin de choisir celles qui convient le meiux à votre jardin.

Pour les novices, il est préférable de se familiariser avec elles en considérant tout d'abord uniquement les fougères vigoureuses. Un fois que vous l'aurez apprivoisé, vous pourrez alors vous tournez vers
les fougères à utiliser près des plans d'eau, les fougères pour coins sombres et secs, les fougères à frondes persistantes, enfin, les autres espèces, comme celles particulièrement élégantes : les panachées, les découpées, etc.

La première considération à avoir pour les fougères de milieu ombragé (de sous-bois) est d'éviter de les soumettre à des périodes d'ensoleillement trop intense qui décolorent les frondes et en «roussissent» ou «brûlent» la marge. De plus, une attention particulière doit être accordée à la recherche d'un site à l'abri des vents violents qui contribuent à la dessiccation rapide de la plante et peuvent endommager les rachis (ou tiges) et les frondes, car plusieurs d'entre elles sont cassantes.

Le type de sol

Les fougères préfèrent un sol peu argileux, bien drainé, friable, composé d'un fort pourcentage de matières organiques, et qui bénéficie d'une source d'humidité constante, fraîche et non stagnante. Idéalement, il sera constitué de 50% de compost ou terreau de feuilles bien décomposées, de 25% de mousse de tourbe, et de 25% de sable. À moins d'avis contraire, la majorité des fougères de milieu forestier se plaît dans un terrain neutre ou légèrement acide. Avant la croissance de la végétation au printemps, on songera à améliorer le sol à l'aide d'un fertilisant granulaire à libération lente, riche en azote. Si l'amendement est appliqué plus tard en saison, ne pas l'épandre directement sur les frondes, car cela peut les endommager.

Le paillis:

les fougères ne font pas exception à cette règle. L'application annuelle d'un paillis de compost bien décomposé ou de terreau de feuilles maintiendra la fertilité de votre sol, améliorera graduellement sa structure et, un avantage à ne pas négliger, lui évitera le stress occasionné par les fluctuations importantes de température et d'humidité. L'effet stabilisateur du paillis permettra d'éviter les arrosages réguliers qui ne deviendront nécessaires qu'en période de sécheresse. Le paillis pourra aussi réduire la fréquence des désherbages, évitant du même coup de déplacer le sol autour des racines, ce qui n'est guère prisé de nos amies. En effet, comme l'enracinement est superficiel chez la plupart des fougères, l'environnement doit être stable à ce niveau.

On doit toujours prendre soin d'installer la plante de telle façon que la couronne effleure ou dépasse légèrement le niveau du sol, une plantation trop profonde pouvant la faire pourrir. 

Les fougères vigoureuses   

 

 Les fougères à utiliser près des plans d'eau   

 

 

Matteucia struthiopteris,
la matteucie fougère-à-l'autruche

 

 

 

 

 

 

 

Leur vigueur semble confirmée par leur aptitude à s'établir rapidement dans des conditions particulières et à former, dans nombres de cas, un couvre-sol dense où peu de mauvaises herbes peuvent s'installer.

Tous les cercles horticoles des régions tempérées du globe connaissent la matteuccie fougère-à-l'autruche (Matteuccia struthiopteris), pour les qualités ornementales de l'espèce et sa facilité de culture en jardin. La cultiver à domicile permettra de réduire le pillage des colonies naturelles lors des excursions printanières de cueillette des fameuses «crosses-de-violon». Vous serez sûrement plus circonspects dans votre cueillette si vous la cultivez, et vous vous limiterez à prélever une ou deux crosses par couronne mature annuellement si vous ne voulez pas affaiblir indûment vos plantes.

Réputée pour sa production de frondes largement lancéolées de plus de 2 m de hauteur dans son milieu naturel, sa croissance dans le jardin sera plus modeste et proportionnelle à la disponibilité de l'eau dans le sol : plus l'humidité sera soutenue, plus elles seront luxuriantes et on peut espérer, sous bonnes conditions culturales, des frondes d'une hauteur de 90 cm en moyenne. La disposition en vase parfait de ces frondes est un atout certain ; cependant ces fougères doivent être soigneusement placées à l'abri du vent pour que leur symétrie ne soit pas altérée. Le débourrement plutôt tardif de la plante au printemps nous permet d'intéressantes associations avec des plantes à floraison printanière vigoureuse qui sauront tolérer l'ombre dense créée par les frondes plus tard en saison. Ainsi, au printemps, dans le jardin des sous-bois, on peut observer une colonie mixte de cette fougère dont les frondes ne sont pas encore pleinement développées, simultanément à la floraison remarquable des trilles grandiflores à fleurs doubles (Trillium grandiflorum 'Flore Pleno'). Le tableau est alors saisissant! Une fois établies, les colonies demanderont un nettoyage en périphérie aux deux ans afin de limiter leur croissance à leur espace de plantation originel, ce qui permet de partager avec nos amis jardiniers cette beauté indigène et de les «convertir» à la culture des fougères.

Onoclea sensibilis,
l'onoclée sensible

 

 L'onoclée sensible (Onoclea sensibilis), se distingue par ses frondes nettement moins découpées, plutôt lobées et triangulaires.

Sa vigueur se traduit par sa faculté de pousser à l'ombre comme au soleil lorsque l'humidité est abondante, et sa préférence pour les terrains mouillés. Comme dans le cas de la fougère-à-l'autruche, les parties fructifères de l'onoclée sensible diffèrent de ses parties foliacées et tôt en saison, ou dès que les frondes disparaissent à l'automne, on trouve des tiges (les frondes fertiles) garnies de «grains de chapelets» renfermant les spores.

 

Dennstaedtia punctilobula

La dennstaedtie à lobules

ponctués

 

 La dennstaedtie à lobules ponctués (Dennstaedtia punctilobula) jouit parfois d'une réputation de mauvaise herbe malgré les avantages certains qu'elle présente et qui compensent pour son caractère agressif : facilité d'adaptation au jardin, faculté de croître aussi bien à l'ombre qu'en plein soleil, formation de tapis denses pouvant servir d'excellent couvre-sol dans les pentes. Ses rhizomes peu profonds nous permettent d'extirper facilement des portions de la plante si elle devient trop envahissante.

Si vos fougères doivent cohabiter avec des plantes plus délicates ou votre dernière acquisition si rare, ou encore si votre espace de culture est restreint, il serait judicieux de vous tourner vers des espèces à croissance modérée en prenant bien soin d'éviter toute espèce à croissance rhizomateuse... l'apanage des trois fougères décrites jusqu'ici.

 

 

 

 

 

Onoclea sensibilis,
l'onoclée sensible

L'onoclée sensible (Onoclea sensibilis), se distingue par ses frondes nettement moins découpées, plutôt lobées et triangulaires.

Sa vigueur se traduit par sa faculté de pousser à l'ombre comme au soleil lorsque l'humidité est abondante, et sa préférence pour les terrains mouillés. Comme dans le cas de la fougère-à-l'autruche, les parties fructifères de l'onoclée sensible diffèrent de ses parties foliacées et tôt en saison, ou dès que les frondes disparaissent à l'automne, on trouve des tiges (les frondes fertiles) garnies de «grains de chapelets» renfermant les spores.

 

Osmunda regalis
l'osmonde royale

 

 

Deux espèces indigènes d'osmondes (Osmunda) sont particulièrement appropriées pour des plantations en bordure d'étangs puisque le facteur déterminant du succès de leur culture réside, pour l'osmonde cannelle (O. cinnamomea), en un sol acide constamment humide, et très mouillé pour l'osmonde royale (O. regalis).

Une osmonde royale plantée dans des conditions standard au jardin ne sera qu'un pâle reflet rabougri d'elle-même (à peine 30 cm de hauteur) en comparaison du potentiel de l'espèce en milieu naturel (1 m à 1,5 m). Les frondes bipinnatiséquées de l'osmonde royale arborent des teintes orangées et citrouille à l'automne. Sa découpure nous permet de ne la confondre avec aucune autre de nos fougères indigènes.

L'osmonde cannelle se différencie par ses crosses blanches laineuses avant déploiement et, bien entendu, par ses parties fructifères de couleur cannelle qui apparaissent tôt en saison (juin).

 

 

 

 

Les fougères pour coins sombres et secs

 

Dryopteris filix-mas,
la dryoptère fougère-mâle

Aucune des fougères qui nous sont familières ne saurait tolérer des conditions de sécheresse prolongée sans perdre l'aspect de santé de son feuillage.

Par contre, certaines d'entre elles peuvent s'accommoder de la compétition des plantes avoisinantes et croître au pied d'une haie par exemple, telle la dryoptère fougère-mâle (Dryopteris filix-mas), alors que notre polypode de Virginie indigène ou «tripe-de-roche» (Polypodium virginianum) s'installe sur des corniches rocheuses qui rappellent son habitat bien drainé et sa tolérance à des périodes de sécheresse inopportunes.

Les fougères à frondes persistantes   

 

Dryopteris marginalis,
la dryoptéride à sores marginaux

La longueur et la rigueur de nos hivers nous empêchent de bénéficier de la quasi totalité des végétaux à feuilles larges persistantes tels les rhododendrons, skimmias, pyracanthas et autres. C'est une raison suffisante pour développer un préjugé favorable envers toutes ces plantes qui sont intéressantes et attrayantes dès la fonte des neiges, et qui le restent jusqu'à la première chute de neige de l'hiver. Ici encore le groupe des fougères nous fournit quelques espèces de grand intérêt.

Considérons tout d'abord la dryoptéride à sores marginaux (Dryopteris marginalis) aux frondes ovées-oblongues, à texture cuirassée et dont le pétiole est garni d'écailles brunes grossières. Elle s'affaisse graduellement au sol à l'automne afin que la couverture neigeuse lui serve de protection pour l'hiver.

Il y a aussi le vert sombre des frondes moins découpées de la fougère de Noël (Polystichum acrostichoides) qui en fait une favorite des jardins. Jamais affectée par les insectes, maladies et limaces (comme la majorité d'entre elles d'ailleurs), ces frondes de 30-40 cm servent très efficacement de plante de fond pour rehausser des plantes à texture délicate ou à coloris particuliers. La pérennité et l'intérêt ornemental de cette fougère la vouent à un avenir brillant dans nos jardins où peu d'espèces exotiques peuvent arriver à la déclasser
.


Autres espèces...   

 

 

   

Peu de fougères non indigènes se retrouvent sur les étalages des pépinières et centres-jardins. La panachure de la fougère peinte du Japon (Athyrium nipponicum 'Pictum') a contribué à sa vaste distribution en Europe et en Amérique. De taille moyenne (30-40 cm), ses frondes aux pétioles et rachis rouge vin sont vert grisâtre, ce qui confère une couleur argentée à toute la fronde. Ses éclats d'argent sont attrayants dans les coins sombres du jardin, et bien que lente à apparaître au printemps elle est parfaitement rustique et ne requiert aucun soin particulier. Les premières gelées d'automne abîment aussitôt le feuillage.

        

Athyrium nipponicum 'Pictum'

 
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